Publication des résultats de la présidentielle : la grande hypocrisie
Publié le 20/04/2007 Auteur: Ken Césaire

A la veille du premier tour de la présidentielle aux Antilles et en Guyane, et pour la première fois, les programmes des radios et télévisions de l’hexagone ont été suspendus y compris sur le câble et le satellite. Parallèlement, réglementation oblige, il n’y aura pas de soirée électorale dans les médias locaux. Mais les résultats seront affichés en mairie.
C’est à n’y rien comprendre. Pour la première fois Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Pierre et Miquelon et Polynésie française voteront dès samedi 21 au premier tour de l’élection présidentielle. La Loi d’avril 2006 doit permettre aux électeurs ultramarins de voter sans connaître les résultats nationaux. Car, décalage horaire oblige, le 21 avril 2002, toute la France savait que le second tour de la présidentielle opposerait Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen alors que les bureaux de vote venaient d'ouvrir en Polynésie, qu’il restait quatre heures de scrutin à Saint-Pierre et Miquelon, cinq heures en Guyane et six en Guadeloupe et Martinique. Et les résultats étaient connus de tous puisque diffusés sur les chaînes du câble, du satellite, sur l’Internet et les radios en ondes courtes. Le Sénat, dans un rapport a d’ailleurs estimé que 755 000 électeurs antillo-guyanais, Saint-Pierrais et Polynésiens, soit tout de même 2 % du corps électoral français, étaient déjà informés des résultats. C’est pour mettre fin à cette incohérence, mais également à la traditionnelle forte abstention, que la loi a été changée. Mais le problème reste entier. Car si les inscriptions sur les listes électorales ont augmenté de 13,25 % en outre-mer entre les deux présidentielles, c’est la question de la publication des résultats qui fait débat.
Attendre jusqu’à dimanche
Dans un communiqué publié mercredi 18, la Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l’élection présidentielle et la Commission des sondages ont rappelé que les dispositions de l'article 11 de la loi du 19 juillet 1977 modifiée en 2002, interdisent jusqu'à la fermeture le 22 avril à 20 heures (heure de Paris) du dernier bureau de vote dans l’hexagone la diffusion et le commentaire sur l’ensemble du territoire de la République par quelque moyen que ce soit ; des éventuels sondages réalisés à la sortie des urnes, ainsi que des résultats des opérations ayant pour objet de donner une connaissance immédiate des résultats du premier tour. Est également interdite la publication “par quelque moyen que ce soit” de simples tendances qui seraient issues de ces différentes opérations.
Internet oublié !
La Commission souhaite “préserver de toute interférence extérieure le droit de chaque citoyen à la libre expression de son suffrage”. Du coup, les médias ont été contraints d’annuler les soirées électorales de samedi 21. De même, et c’est une première, la diffusion des chaînes nationales, dont les chaînes d’informations, a été suspendue sur les réseaux du câble, du satellite. Radios et télévisions reprenant les informations d’Europe 1, France Inter, France Info ou RFI ont expurgé toute référence au scrutin présidentiel. Mais il reste Internet. Ainsi que les radios en ondes courtes, qui continuent de pouvoir être captées par les électeurs, comme ils le faisaient avant l’apparition de la toile mondiale.
“Une forme de censure”
L’hypocrisie de la loi et donc criante. Car, dans un communiqué, publié jeudi 19, la préfecture de Guadeloupe indique elle-même que “les résultats proclamés par les maires et affichés dans les bureaux de vote, conformément au code électoral, seront centralisés à la préfecture qui publiera le dimanche 22 avril 2007 à 14h un communiqué de presse récapitulant les résultats de Guadeloupe commune par commune”. Il devrait en être de même dans les autres départements. Les résultats du premier tour seront donc connus de tous, affichés en mairie, mais les médias ne pourront pas les dévoiler ?
Au sein de la presse, la colère gronde. Dans un communiqué vendredi 20, le Syndicat national des journalistes (SNJ) du Réseau France Outre-mer (RFO) se déclare "solidaire des journalistes de toutes les rédactions choquées par la décision de la commission de contrôle". Le SNJ-RFO indique qu’il s’agit là d’une “atteinte au droit à l'information et une forme de censure" et demande à la commission électorale "d'étudier une solution plus adaptée pour les prochaines consultations électorales". Les électeurs d’outre-mer, 1,5 million de personnes, seront les premiers à se rendre dans les isoloirs pour le premier tour de la présidentielle.

A la veille du premier tour de la présidentielle aux Antilles et en Guyane, et pour la première fois, les programmes des radios et télévisions de l’hexagone ont été suspendus y compris sur le câble et le satellite. Parallèlement, réglementation oblige, il n’y aura pas de soirée électorale dans les médias locaux. Mais les résultats seront affichés en mairie.
C’est à n’y rien comprendre. Pour la première fois Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Pierre et Miquelon et Polynésie française voteront dès samedi 21 au premier tour de l’élection présidentielle. La Loi d’avril 2006 doit permettre aux électeurs ultramarins de voter sans connaître les résultats nationaux. Car, décalage horaire oblige, le 21 avril 2002, toute la France savait que le second tour de la présidentielle opposerait Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen alors que les bureaux de vote venaient d'ouvrir en Polynésie, qu’il restait quatre heures de scrutin à Saint-Pierre et Miquelon, cinq heures en Guyane et six en Guadeloupe et Martinique. Et les résultats étaient connus de tous puisque diffusés sur les chaînes du câble, du satellite, sur l’Internet et les radios en ondes courtes. Le Sénat, dans un rapport a d’ailleurs estimé que 755 000 électeurs antillo-guyanais, Saint-Pierrais et Polynésiens, soit tout de même 2 % du corps électoral français, étaient déjà informés des résultats. C’est pour mettre fin à cette incohérence, mais également à la traditionnelle forte abstention, que la loi a été changée. Mais le problème reste entier. Car si les inscriptions sur les listes électorales ont augmenté de 13,25 % en outre-mer entre les deux présidentielles, c’est la question de la publication des résultats qui fait débat.
Attendre jusqu’à dimanche
Dans un communiqué publié mercredi 18, la Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l’élection présidentielle et la Commission des sondages ont rappelé que les dispositions de l'article 11 de la loi du 19 juillet 1977 modifiée en 2002, interdisent jusqu'à la fermeture le 22 avril à 20 heures (heure de Paris) du dernier bureau de vote dans l’hexagone la diffusion et le commentaire sur l’ensemble du territoire de la République par quelque moyen que ce soit ; des éventuels sondages réalisés à la sortie des urnes, ainsi que des résultats des opérations ayant pour objet de donner une connaissance immédiate des résultats du premier tour. Est également interdite la publication “par quelque moyen que ce soit” de simples tendances qui seraient issues de ces différentes opérations.
Internet oublié !
La Commission souhaite “préserver de toute interférence extérieure le droit de chaque citoyen à la libre expression de son suffrage”. Du coup, les médias ont été contraints d’annuler les soirées électorales de samedi 21. De même, et c’est une première, la diffusion des chaînes nationales, dont les chaînes d’informations, a été suspendue sur les réseaux du câble, du satellite. Radios et télévisions reprenant les informations d’Europe 1, France Inter, France Info ou RFI ont expurgé toute référence au scrutin présidentiel. Mais il reste Internet. Ainsi que les radios en ondes courtes, qui continuent de pouvoir être captées par les électeurs, comme ils le faisaient avant l’apparition de la toile mondiale.
“Une forme de censure”
L’hypocrisie de la loi et donc criante. Car, dans un communiqué, publié jeudi 19, la préfecture de Guadeloupe indique elle-même que “les résultats proclamés par les maires et affichés dans les bureaux de vote, conformément au code électoral, seront centralisés à la préfecture qui publiera le dimanche 22 avril 2007 à 14h un communiqué de presse récapitulant les résultats de Guadeloupe commune par commune”. Il devrait en être de même dans les autres départements. Les résultats du premier tour seront donc connus de tous, affichés en mairie, mais les médias ne pourront pas les dévoiler ?
Au sein de la presse, la colère gronde. Dans un communiqué vendredi 20, le Syndicat national des journalistes (SNJ) du Réseau France Outre-mer (RFO) se déclare "solidaire des journalistes de toutes les rédactions choquées par la décision de la commission de contrôle". Le SNJ-RFO indique qu’il s’agit là d’une “atteinte au droit à l'information et une forme de censure" et demande à la commission électorale "d'étudier une solution plus adaptée pour les prochaines consultations électorales". Les électeurs d’outre-mer, 1,5 million de personnes, seront les premiers à se rendre dans les isoloirs pour le premier tour de la présidentielle.
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