Plus de 100 pesticides déversés en Guadeloupe en dix ans
Publié le 01/08/2007 Auteur: Dominique Urbino

Une nouvelle étude scientifique orchestrée par Dominique Belpomme, cancérologue français de renom, relance le débat, notamment politique, sur la pollution par le chlordécone, finalement "un arbre qui cache la forêt. Selon ce document, plus de cent pesticides de types différents auraient été déversés en Guadeloupe durant les dix dernières années.
C’est sur la base de la mission parlementaire de juin 2005, jugée lacunaire si ce n’est erronée, que le professeur Dominique Belpomme a mené son étude. Ses conclusions réunies dans un "rapport d’expertise et audit externe concernant la pollution par les pesticides en Martinique. Conséquences agrobiologiques, alimentaires et sanitaires et proposition d’un plan de sauvegarde en cinq points" sont parues en juin dernier. Il en ressort "une extrême gravité de la pollution par les pesticides en Martinique". La gravité de la situation est liée à la fois à la pollution de l’eau, à la détérioration du littoral, à la baisse de fertilité, à la très forte augmentation d’incidence des cancers de la prostate et du sein tant en Guadeloupe qu’en Martinique enfin à la baisse des taux de natalité et de fécondité.
Selon l’équipe de chercheurs, une dizaine, " les problèmes sont d’autant plus aigus, que les plans d’actions mis en oeuvre pour gérer la crise sont insuffisants et que c’est l’ensemble de l’île qui est pollué que concernant la pollution des aliments par le chloredécone, les normes proposées par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) ne permettront en aucun cas d’enrayer les phénomènes toxiques et que, en raison de l’utilisation de plusieurs pesticides très toxiques, dont le paraquat (NDLR : interdit de vente le 11 juillet par la Communauté européenne), la pollution de l’île et de ses habitants se poursuit".
Un arbre qui cache la forêt"
C’est dans ce contexte, et très largement sur la base de cette étude, qu’un groupe de députés a décidé de demander, de nouveau, la création d'une commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation du chloredécone, du paraquat, des autres pesticides sur l’agriculture martiniquaise, guadeloupéenne et guyannaise. "Il faut instaurer un réseau de surveillance permanent sur l’eau" propose Victorin Lurel (photo), président de la Région Guadeloupe, député de la quatrième circonscription et chef de file du "projet".
"Il faut revoir la composition du groupement régional d’étude sur les produits phytosanitaires (GREPP) et son équivalent martiniquais, le GREPHY, qui ne sont pas composés de scientifiques. Il faut mener une expertise indépendante sur les conséquences de cette pollution", renforce-t-il encore. "Nous ne sommes plus ni dans le cadre de la précaution, ni dans celui de la prévention mais bien dans la gestion de crise."
Au moins trois études, l’une sur l’impact des pesticides sur la grossesse (Ti moun), une autre sur la baisse de fécondité (Hibiscus), la troisième sur les cancers de la prostate (Karu-prostate) sont en cours. Aucune n’a encore délivré ses conclusions.
Il faudra prendre des pincettes pour éviter tout carnage touristique indiquent à la fois Victorin Lurel et Josette Borel-Lincertain, présidente du comité du tourisme. Pour le moins, "il faut être responsable dans cette affaire", juge Victorin Lurel notamment soutenu par Serge Letchimy, député et maire de Fort-de-France, par Jean-Claude Fruteau, député de la Réunion ou Chantal Berthelot de la Guyane, et faire en sorte que "la population comprenne l’importance du sujet. L’opinion doit se mobiliser".
Associations, syndicats, élus et hommes de loi sont engagés autour des quatre plaintes déposées contre x sur la pollution des sols. Leur recevabilité pourrait être déclarée par la cour d’appel de Basse-Terre, jeudi 2 août. Sinon, le collectif s’est d’ores et déjà engagé à passer par la Cour de justice européenne. Pour un "scandale", qui devrait entraîner la transcendance des idéaux politiques et des ambitions personnelles.

Une nouvelle étude scientifique orchestrée par Dominique Belpomme, cancérologue français de renom, relance le débat, notamment politique, sur la pollution par le chlordécone, finalement "un arbre qui cache la forêt. Selon ce document, plus de cent pesticides de types différents auraient été déversés en Guadeloupe durant les dix dernières années.C’est sur la base de la mission parlementaire de juin 2005, jugée lacunaire si ce n’est erronée, que le professeur Dominique Belpomme a mené son étude. Ses conclusions réunies dans un "rapport d’expertise et audit externe concernant la pollution par les pesticides en Martinique. Conséquences agrobiologiques, alimentaires et sanitaires et proposition d’un plan de sauvegarde en cinq points" sont parues en juin dernier. Il en ressort "une extrême gravité de la pollution par les pesticides en Martinique". La gravité de la situation est liée à la fois à la pollution de l’eau, à la détérioration du littoral, à la baisse de fertilité, à la très forte augmentation d’incidence des cancers de la prostate et du sein tant en Guadeloupe qu’en Martinique enfin à la baisse des taux de natalité et de fécondité.
Selon l’équipe de chercheurs, une dizaine, " les problèmes sont d’autant plus aigus, que les plans d’actions mis en oeuvre pour gérer la crise sont insuffisants et que c’est l’ensemble de l’île qui est pollué que concernant la pollution des aliments par le chloredécone, les normes proposées par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) ne permettront en aucun cas d’enrayer les phénomènes toxiques et que, en raison de l’utilisation de plusieurs pesticides très toxiques, dont le paraquat (NDLR : interdit de vente le 11 juillet par la Communauté européenne), la pollution de l’île et de ses habitants se poursuit".
Un arbre qui cache la forêt"
C’est dans ce contexte, et très largement sur la base de cette étude, qu’un groupe de députés a décidé de demander, de nouveau, la création d'une commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation du chloredécone, du paraquat, des autres pesticides sur l’agriculture martiniquaise, guadeloupéenne et guyannaise. "Il faut instaurer un réseau de surveillance permanent sur l’eau" propose Victorin Lurel (photo), président de la Région Guadeloupe, député de la quatrième circonscription et chef de file du "projet".
"Il faut revoir la composition du groupement régional d’étude sur les produits phytosanitaires (GREPP) et son équivalent martiniquais, le GREPHY, qui ne sont pas composés de scientifiques. Il faut mener une expertise indépendante sur les conséquences de cette pollution", renforce-t-il encore. "Nous ne sommes plus ni dans le cadre de la précaution, ni dans celui de la prévention mais bien dans la gestion de crise."

Au moins trois études, l’une sur l’impact des pesticides sur la grossesse (Ti moun), une autre sur la baisse de fécondité (Hibiscus), la troisième sur les cancers de la prostate (Karu-prostate) sont en cours. Aucune n’a encore délivré ses conclusions.
Il faudra prendre des pincettes pour éviter tout carnage touristique indiquent à la fois Victorin Lurel et Josette Borel-Lincertain, présidente du comité du tourisme. Pour le moins, "il faut être responsable dans cette affaire", juge Victorin Lurel notamment soutenu par Serge Letchimy, député et maire de Fort-de-France, par Jean-Claude Fruteau, député de la Réunion ou Chantal Berthelot de la Guyane, et faire en sorte que "la population comprenne l’importance du sujet. L’opinion doit se mobiliser".
Associations, syndicats, élus et hommes de loi sont engagés autour des quatre plaintes déposées contre x sur la pollution des sols. Leur recevabilité pourrait être déclarée par la cour d’appel de Basse-Terre, jeudi 2 août. Sinon, le collectif s’est d’ores et déjà engagé à passer par la Cour de justice européenne. Pour un "scandale", qui devrait entraîner la transcendance des idéaux politiques et des ambitions personnelles.
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